Journée internationale des droits de la femme

Discours prononcé par Solange Ghernaouti
Professeure HEC, présidente de la Commission Sociale de l’Unil – 8 mars 2012

« Pour que demain soit différent mais en mieux »

Force est de constater que la condition féminine n’évolue pas au même rythme que celui de la société, que le droit évolue plus vite que les mentalités, les habitudes ou les comportements.

Conscientes de leur présence au monde, certaines femmes, comme Benoite Groult pour n’en citer qu’une, démontrent par leurs engagements, par leur vie et leurs activités, leur gout du bonheur, leur amour de la vie, qu’elles refusent d’être des citoyennes de deuxième catégorie et d’être rendue coupable de tout, même de vieillir. Remarquons que résister aux dictats de la jeunesse éternelle est une forme de nécessité, même pour les hommes.

Des femmes réfutent d’être fille d’Eve enfermées dans le ghetto de la pècheresse. Elles contestent l’image de la femme toujours jeune et belle les contraignant aux rôles de sex toy, de sex symbol (ou de ex-sex symbol). Elles refusent tout autant, d’être cantonnées aux rôles de ménagère, de mère de famille ou de consommatrice.

Nul ne conteste que la femme est l’égale de l’homme. Effectivement, elle l’est, mais elle l’est dans la différence. Lorsque l’on parle de différence c’est souvent une manière politiquement correcte de parler d’infériorité. Cette « personne est différente » équivaut souvent au fait qu’elle est particulière au sens négatif et dévalorisant. Il semble que cette différence tente à cantonner la femme dans des tâches de maternage des bébés, des malades, des vieillards, de la maison, etc., une espèce de service social pas cher.Lire la suite.


Discours prononcé par Solange Ghernaouti
Professeure HEC, présidente de la Commission Sociale et de la Commission Egalité des Chances de l’Unil le 8 mars 2011.

« Egalité des chances: au-delà de l’utopie et du politiquement correct, une nécessité humaine et économique »                                                             

Regards de femmes sur le monde de demain

… « Rappelons que je fus, en 1987, la première femme professeure de cette Faculté. C’était il y a 25 ans,  c’était hier me semble – t-il, mais 25 ans c’est surtout une génération, celles de nos enfants. Cette après midi, est un peu pour eux, même s’il ne le savent pas. Elle est surtout dédiée à toutes les femmes invisibles qui jour après jour contribuent à la société de demain avec courage, détermination ou abnégation, y compris dans les tâches les plus humbles.

Il y a des phrases qui résonnent longtemps au plus profond de nous même, parmi toutes celles qui m’ont marquées, je reteindrai particulièrement l’affirmation du renard au Petit Prince lors de ses adieux :

« L’essentiel est invisible pour les yeux »

« L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir».

 Tout est là, tout est dit, tout est non-dits. Il donc important de dire, … Lire la suite

  • Article de l’Hebdo 2011:            “ Au sujet de la journée internationale du droit des femmes”  

« Chaque 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, questionne sur la pérennité des dominations parfois symboliques et inconscientes, sur celles des stéréotypes, de l’exploitation économique des femmes pour contribuer à comprendre comment se construisent ces inégalités, plus ou moins revendiquées ou intériorisées. Au-delà d’une émancipation superficielle, il s’agit encore aujourd’hui de participer à une «décolonisation» de l’intérieur pour inventer un avenir plus équitable pour tous et toutes, en considérant l’égalité des chances comme un droit, pour que l’égalité des droits devienne une réalité.

Le philosophe Charles Fourier écrivait, en 1808:

«Les progrès sociaux et changements de périodes s’opèrent

en raison du progrès des femmes vers la liberté;

et les décadences d’ordre social s’opèrent en raison du décroissement de la liberté des femmes».

Aujourd’hui quelle interprétation en faisons-nous? »    Lire la Suite